Les archétypes #1 : La base

Rédigé par Sim Kaali.
 LES ARCHETYPES DE BASE
inspirés de Julie Salmon – http://www.cedricsalmon.fr/
© The Journey - Alice Popkorn - Tous droits réservés

© The Journey – Alice Popkorn – Tous droits réservés

Il est fréquent d’attendre parler d’archétypes lorsque l’on parle de personnages, que ce soit en littérature ou pour un rpg textuel. La plupart du temps, ce terme est utilisé de manière péjorative afin de mettre en exergue des clichés, des choses attendues, un manque d’originalité. Or, les archétypes peuvent être des outils véritablement intéressants lorsqu’ils sont utilisés de la bonne manière : ils doivent être un support et non pas une fin en soi. Durant la phase de recherche autour d’un personnage, il peut être bénéfique de s’y intéresser et c’est pourquoi, je vais consacrer plusieurs articles aux archétypes, en commençant aujourd’hui par ceux que je qualifie « de base ».

TOUS LES PERSONNAGES ENTRENT AU MOINS DANS L’UN DE CES ARCHETYPES DE BASE. ENSUITE, SON CARACTERE ET SON HISTOIRE LE DIRIGE VERS DIFFERENTS TRAITS (VOIR PROCHAIN ARTICLE).

LE HEROS

Le héros défend ce qui est communément admis comme de « bonnes valeurs ». Il est désintéressé, doit être admirable, être bon, être fort, voire être beau et séduisant etc. Il est le personnage courageux qui va se mettre en danger pour sauver ses biens, ses amis, son monde.
Julie S. : « Bien évidemment, dans cette optique, toutes les caractérisations inverses à ces adjectifs pourront s’appliquer à ses antagonistes. Vous avez reconnu le portrait robot de la plupart de vos héros de film d’action, des combattants d’une cause juste mais aussi des thrillers, de ceux qui se battent pour sauver leur vie injustement menacée. N’oubliez pas que pour être attachants, vos personnages principaux ne doivent pas simplement être décrits de manière physique, mais vous devez aussi les mettre en scène grâce à des fonctions dramatiques. Plus nous saurons qui sont vos protagonistes, ce qu’ils pensent du grand sujet qu’ils défendent ou pour lequel ils se battent, plus nous nous attacherons à leurs destins et nous aurons envie de les voir triompher de leurs obstacles. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LA PLUPART DES PERSONNAGES PRINCIPAUX.

LE MENTOR

Il a pour but de guider les personnages vers la voie de la réussite. Le mentor a des connaissances, acquises grâce à son expérience passée et sert de professeur. Il aime prendre des gens sous son aile et partager tout ce qu’il sait. Le mentor est souvent sage, réfléchi et juste. Dans la Fantasy, le mentor est souvent présenté comme un individu incompris par une certaine catégorie de personnes en raison de son excentricité ou de sa solitude.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LE PERSONNAGE DE GANDALF LE BLANC. 

LE LEADER

Il doit donner envie aux gens de le suivre de par son charisme mais aussi ses valeurs sûres. Les autres personnages peuvent en tout temps compter sur lui, car c’est quelqu’un de stable qui sait où aller. Souvent, le leader le devient malgré lui et est pésenté comme quelqu’un d’originellement humble et banal, mais qui a en lui une force de bonté hors-norme. Le leader suscite de l’empathie et est important pour sa communauté ou pour les autres.
Julie S. : « Quand vous arrivez à construire une personnalité que nous avons envie de suivre, pour laquelle nous vibrons quand il lui arrive des événements, vous avez remporté la partie. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LE PERSONNAGE  DE ROBIN DES BOIS OU NARUTO. 

LE « PROBLEM SOLVER »

Julie S. : « Autre archétype américain à qui je ne trouve pas de traduction convaincante mais qui permet de fixer la confiance du public. C’est celui qui est capable de résoudre les problèmes. De nombreux grands flics sont fondés sur cet archétype. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LES PERSONNAGES SURDOUES, INTELLIGENTS… 

LE COMIQUE

Il est le personnage qui apporte de la légerté et du comique de situation. Il est soit extrêmement malin et s’amuse des autres, soit tout au contraire maladroit et attire la poisse. Le comique ne peut évidemment pas être comique en permanence et a des éclairs de génie, mais il s’adonne fréquemment à quelques blagues douteuses.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE BON NOMBRE DE PERSONNAGES DE MANGAS (SHONEN). 

LE FAIRE-VALOIR

Que ce soit en bien ou en mal, le faire-valoir est là pour apporter soit de l’aide, soit des obstacles aux autres personnages. Le faire-valoir n’a, le plus souvent, aucune autre particularité que celle d’être « normal ». Tout personnage est amené à être faire-valoir à un moment ou l’autre de sa vie. Cet archétype est le plus fréquent et est plutôt éphémère.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE DRAGO MALFOY (Harry Potter), HINATA (NARUTO), LA JAMES BOND GIRL…

L’ANTI-HEROS

C’est le héros moderne que l’on retrouve dans la plupart des séries aujourd’hui. Il existe énormément de types d’anti-héros qui, parfois, s’opposent. Disons que l’anti-héros est un individu porteur de valeurs négatives qui, malgré tout, parvient à prendre la place du héros. Qu’il soit looser, méchant, grossier, égoïste et ainsi de suite, l’anti-héros ne peut être ce qu’il est uniquement si, malgré tout, il est amené à se battre pour des causes justes. Attention : l’anti-héros doit avoir un certain nombre d’attributs attachants pour être apprécié du public, sans quoi il deviendra rapidement un personnage repoussant.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE PAR EXEMPLE LE PERSONNAGE DE DOCTEUR HOUSE, QUI BIEN QUE GROSSIER ET FROID SAUVE DES VIES ET EST ATTACHANT.

LE MECHANT

Inutile de présenter cet archétype, vous le connaissez tous. Avec le méchant, on change de camp et donc de manière de faire. Si l’anti-héros n’a pas vraiment de valeurs sympathique, il poursuit néanmoins une mission noble, que ce soit contre sa volonté ou non. Le méchant, lui, est clairement là pour faire opposition et être au coeur des intrigues. Il n’est ni aimé ni apprécié du public et pourtant une certaine fascination l’entour. Le méchant n’est jamais – ou très rarement – méchant par simple envie, il faut veiller à mettre en lumière ses motivations à un moment ou l’autre. Cet archétype est extrêmement plaisant à joué mais probablement le plus complexe.
C’EST L’ARCHETYPE DE TOUS LES VILAINS : SAURON, VOLDEMORT, FANTOMAS, PALPATINE, MORIARTY, LE JOKER…

Quels changements amène le web 2.0 ?

Rédigé par Sim Kaali.

© Web 2.0 summit – CC Flick – Certains droits réservés par Kevin Krejci

Le terme Web 2.0 est très fréquemment employé sans que l’on ne sache véritablement ce qu’il désigne. Dans cet article, je vais donc très rapidement vous expliquer ce qu’est le web 2.0 afin de comprendre ce qu’il peut apporter de nouveau à l’écriture.

Le Web 2.0, c’est quoi ?

Le web 2.0 est, pour commencer, le successeur de ce que l’on peut qualifier de web 1.0. Le web, ou plutôt le World Wide Web, n’est qu’une utilisation parmi d’autres d’internet, cohabitant avec votre courrier électronique, votre logiciel torrent, votre messagerie instantanée etc. Il est l’utilisation la plus fréquente pour les utilisateurs lambda comme vous et moi. C’est une toile tissée entre différents réseaux, différents ordinateurs, différents lieux, différents pays, inventée par Tim Berners-Lee et Robert Caillau et qui fonctionne par le biais d’un système hypertexte. Cela signifie qu’on a différents liens, considérés comme les « nœuds de la toile », qui permettent de sauter de l’un à l’autre. Grossomodo, c’est ce que vous connaissez tous : je suis sur google, je clique sur un lien qui m’amène sur un site, je clique sur un autre lien j’arrive sur un autre site et ainsi de suite. Le terme « hypertexte » est déjà en soi intéressant, car il désigne un « texte supérieur », un texte qui irait au-delà de toute linéarité puisque c’est l’utilisateur qui choisit s’il est pertinent ou non de se rendre à tel ou tel endroit – ce qui n’est pas sans nous rappeler les Livres dont vous êtes le héros, dont nous avons parlé dans notre article précédent.

Le terme 2.0 est apparu lorsque le web s’est métamorphosé en quelque chose de nouveau, de différent et que l’on peinait à considérer qu’il s’agissait de la même chose. Le web 1.0 offrait du contenu purement statique, c’est-à-dire que l’utilisateur ne pouvait que lire et voir sans aucune interaction. Cette dernière est apparue avec le web 1.5 qui a vu naitre les pages dynamiques et avec elle les premiers échanges entre utilisateurs. Puis est arrivé le web 2.0. L’expression trouve son origine lors d’une réunion entre Tim O’Reilly et le MediaLive International qui visait à préparer une conférence en 2004, le « Web 2.0 summit ». Cependant, c’est en 2005 que Tim O’Reilly marque le coup avec « What is web 2.0 », un texte dans lequel il met en exergue les grandes caractéristiques de cette nouvelle plate-forme : le fait de tirer parti de l’intelligence collective et de la contribution de chacun (les dictionnaires laissent place à Wikipédia), la puissance des données (récolter les informations des utilisateurs pour créer des applications nouvelles), les mises à jour automatiques, une programmation plus légère, l’enrichissement de l’expérience utilisateur avec des nouvelles technologies (AJAX), le web n’est plus aussi dépendant du personal computer.

Concrètement cela veut dire quoi ?

Du participatif ! Du collaboratif ! Cela veut dire plus de contenus avec plus de points de vues, plus de personnalités, plus d’échanges. Ce sont les blogs, les réseaux sociaux, les forums. On dit au revoir à la solitude et on prend le pari de la collaboration. L’exemple le plus parlant reste, encore une fois, Wikipédia : pour faire une encyclopédie plus que complète, on décide de fournir à chacun et chacune la possibilité de partager les connaissances qu’elle possède. Le web 2.0, c’est l’appropriation du web par les utilisateurs. Ils ne sont plus de simples clients qui regardent le web, ils font le web.

L’écriture 2.0

Ce qui nous intéresse, nous ici, c’est comment des auteurs, au sens très large du terme en allant des professionnels aux enfants, peuvent s’approprier ce média. N’y allons pas par quatre chemins : le web 2.0 facilite la création d’oeuvres collaboratives, roman y compris. De nombreux auteurs se sont amusés, un jour ou l’autre, à écrire des correspondances, à créer une histoire en commun. La nouvelle plateforme que représente le web est sans limite et ouvre donc des possibilités plus qu’intéressantes en terme d’écriture. Pourtant, cela ne se développe que très peu et l’on en reste bien souvent à un simple partage. Jean-Pierre Balpe, un pionnier en matière de littérature liée à l’informatique (dont vous pouvez trouver le blog ici), dit ceci : « Je suis frappé du fait que la plupart des blogs dit « littéraires » utilisent ce support comme un simple moyen d’autoédition sans vraiment s’intéresser à ce qui en fait les particularités : dimension de l’écran, possibilités multimédias et, surtout, possibilité de créations de réseaux de liens avec possibilité de hiérarchisation. ». Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Le jeu de rôle par forum m’apparaît être l’une des formes de cette « écriture 2.0 » qui n’attend qu’à être développée et que l’on se saisisse véritablement d’elle. Après tout, si de très bons auteurs se mettent à créer ensemble une histoire, chacun jouant sa partition sur la durée et dans le présent grâce aux possibilités d’internet, n’obtenons-nous pas, alors, une véritable symphonie ? Or, un orchestre n’est-il pas tout aussi passionnant, voire plus encore dans certains cas, qu’un violoncelle seul ?

Qu’est-ce que le jeu de rôle sur internet ?

Rédigé par Sim Kaali.

« Le monde entier est un théâtre » disait Shakespeare.

Theatre

Reconstitution expérimentale des Ludi scaenici, Théâtre Antique d’Arles – « Bin j’ai mal à mon dos ma pov’ p’tite Lucienne ! »

On peut le dire, le jeu de rôle existe depuis la naissance de l’homme. Dans sa matière la plus brute, il s’agit ni plus ni moins que d’un enfant jouant à la dinette, jouant au pompier, aux poupées, au policier, à imiter ses parents.« Jouer à… » est plein de sens : aussi jeune soit-il, il se met dans la peau de quelqu’un d’autre pour vivre des aventures. Ce jeu lui permet d’appréhender le monde, car il y découvre des choses insoupçonnées. Il se découvre de la passion, il imagine des peurs, les affronte avec un courage certes simulé, mais un courage quand même, apprend à adapter et modeler son caractère, à réagir en fonction des situations. Mais l’enfant n’est pas le seul à user de ce stratagème : le plus évident des jeux de rôles, et pourtant celui auquel on ne pense pas nécessairement, est sans aucun doute celui utilisé par les acteurs et comédiens. Comme son nom l’indique, le « jeu de rôle » consiste à « jouer » un « rôle », or donc le comédien va bel et bien interpréter lui-même un personnage, en apparence pour une raison qui est en dehors du soi ; pour une raison purement matérielle et altruiste : raconter une histoire à un public. Pourtant, il suffit de creuser un peu pour se rendre compte qu’il trouve dans le théâtre un outil hors pair, pour mieux se connaitre, pour gagner en assurance ou en diction, pour combattre ses peurs. Nous ne sommes donc, finalement, que dans une version plus adulte du jeu d’enfant.

Jeu d'enfant

Toy Story 3 – Disney/Pixar – « Hé Woody, t’inquiètes ce n’est pas un vrai hamburger ! « 

Jouer pour mieux comprendre.

En soulignant l’importance que le jeu peut avoir dans l’apprentissage d’un enfant ou que le théâtre – ou le plateau de tournage – peut avoir pour un comédien, il n’est pas étonnant de découvrir que le jeu de rôle peut aussi être employé dans des cas de psychothérapie ou de coaching : les adultes aussi, ont besoin d’apprendre. La psychologie cognitive et comportementale s’en inspire grandement. En donnant au sujet un rôle qui n’est pas le sien, le thérapeute lui permet de comprendre ses erreurs, de réécrire la manière dont il perçoit les signes que lui envoie le monde.

 

Le jeu de rôle de formation. 

Dans les années 50, nait le jeu de rôle de formation. Que ce soit par le biais de rôles sociaux ou professionnels, il s’agit de confronter un individu à des situations données, proches de celles auxquelles il risque d’être confronté par la suite. C’est en fait ni plus ni moins qu’une simulation, permettant de prévenir ou de corriger des erreurs. L’exemple le plus parlant étant aujourd’hui ces machines virtuelles qui permettent d’apprendre à conduire un avion, une voiture ou un quelconque véhicule avant même d’en toucher un véritable. Cette méthode est directement issue d’un monde que vous connaissez bien : les jeux vidéos (voir le point suivant).

Notons par ailleurs l’importance du jeu de rôle dans l’apprentissage linguistique : il est fréquent d’entendre dire que l’on peut jamais mieux apprendre une langue qu’en étant immergé dans un pays qui l’utilise. Faute de mieux, il est alors fréquent de voir dans une classe d’anglais des élèves qui s’amusent à se mettre en situation : je viens acheter un produit, je cherche un monument, je suis perdu, je voudrais débattre sur un sujet etc. À la manière d’une pièce de théâtre, le jeu semble propice à une activité orale et à l’appréhension d’une réalité que l’on souhaite dompter. Par ailleurs, il permet d’aborder les choses avec une pédagogie ludique qui vise à rendre la formation « plus attrayante ».

Simulation avion

© PHOTO QUENTIN SALINIER – « Avec Simulation3000, je vais être au top pour ma nuit de noce ! » – Harry Sanford

Le jeu de rôle dans les jeux vidéos. 

Naturellement, dans notre société actuelle, la forme la plus répandue du jeu de rôle est sans aucun doute celle apportée par l’arrivée des jeux vidéos. Si au départ, l’utilisateur n’avait qu’un choix très limité d’actions possibles, il devait néanmoins dès le commencement « incarner » quelqu’un ou quelque chose qu’il n’était pas. Dans Pacman, pour rester simple, nous sommes tous amenés à nous prendre pour cet espèce de fromage-mangeur-de-fantôme sans même nous apercevoir que nous nous projetons sur lui. Tous, sans exception, nous poussent à trouver une solution à un problème donné. Petit à petit, les jeux vidéos se sont développés et avec des jeux comme l’excellente série Fable de Lionhead Studios, les joueurs ont vu leur champ d’action accroitre, car ils offraient plusieurs choix possible. Choisir entre le Bien et le Mal, sauver quelqu’un ou le laisser mourir… Le joueur dispose alors des outils nécessaires pour se créer sa propre aventure. L’arrivée des jeux en POV (Point of View), permettant de jouer en voyant à travers les yeux du personnage, marque un lien plus fort encore entre le personnage et le joueur. Mais la véritable révolution fut probablement les premiers MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Games), permettant à chacun des joueurs de discuter et interagir avec d’autres, sans bouger de chez soi et au travers de son « avatar » (apparence virtuelle). Ainsi, les jeux vidéos ont recréé une véritable communauté virtuelle. Deux amis lycéens peuvent se retrouver le soir et endosser leur rôle respectif d’elfe et d’assassin, pour partir à la conquête d’un terrible trésor.

Fable III - Choix

Fable III de Lionhead studios – « Décidez-vous de repartir ensemble, ou séparément ? »

Enfin, petite mention spéciale pour ce que l’on appelle les Sandbox – les jeux « bac à sable » – qui permettent aux joueurs, avec des principes très simples, de créer lui-même son propre monde, ses propres histoires. On rend on joueur la liberté qu’il perd dans une intrigue scénarisée. Minecraft de Mojang permet, par exemple, à quiconque de créer ses villes, ses bâtiments, ses propres objets. Un jeu comme Les Sims ne peut pas, à proprement parler, être considéré comme un jeu sandbox, mais il suit une orientation qui lui est proche : il s’agit cette fois, véritablement, d’incarner une autre vie que la nôtre, dans un univers qui – pourtant – pourrait être le nôtre.

Minecraft - Screenshot

Minecraft de Mojang – « Dans la vie, moi, je sais rien faire. Mais sur Minecraft, je construis des villes entières mon bonhomme ! »

 

Le jeu de rôle sur table.

Le jeu de rôle sur table est né dans les années 70 de l’influence de la fantasy. C’est à cette forme de jeu que l’abréviation JdR ou RPG en anglais fait référence en priorité. Il s’agit d’un jeu de société dans lequel chaque joueur choisit un personnage, dont il sera le maitre, du début jusqu’à la fin de la partie. Cette dernière, est dirigée par un « maitre du jeu » (MdJ), qui expose aux joueurs l’intrigue principale et énonce les obstacles rencontrés. Les joueurs, eux, annoncent à l’oral les actions qu’ils souhaitent perpétrer et, à l’aide d’un lancé de dés effectué par ce dernier, le maitre du jeu constate la réussite ou l’échec de ces actions. Le jeu de rôle sur table se joue traditionnellement avec deux dés, des crayons et du papier. Le maitre du jeu dispose d’une feuille de route lui permettant de maitriser au mieux la partie. Au fil de l’aventure, chaque joueur peut acquérir de nouvelles compétences ou de nouveaux objets, mais il peut aussi en perdre, voire périr.

Le jeu de rôle sur table est souvent vu comme un loisir de geek, les univers utilisés étant très souvent ceux issus de la fantasy.

Jeu de role sur table

Jeu de rôle sur table – « Dites les mecs, vous êtes sûrs qu’on a assez de dés ? Je ne voudrais pas manquer… »

Les livres dont vous êtes le héros.

Ces livres ne sont pas bien différents des jeux de rôle sur table, à la différence qu’il n’y a ni maitre du jeu, ni joueurs autre que vous-même. Organisés très différemment des livres classiques, ils offrent au lecteur une aventure différente à chaque lecture, grâce à un système, soit de dés, soit de choix multiples. Vous avez fait un deux ? Rendez-vous à la page 33. Vous choisissez de secourir George malgré les risques que cela suppose ? Rendez-vous à la page 124.  Chaque paragraphe du livre, explicite une action ou une conséquence qui peuvent d’être amenées à différents stades de l’histoire.

Livre dont vous êtes le héros

Blog LeMonde.fr – « Graoumpfff, moi j’comprends pas tout là ! »

Le Play by Post

Littéralement « Jouer par post ». Un post, c’est un message que va inscrire un utilisateur sur un forum. Le play by post (ou PbP) consiste donc en un jeu de rôle sur forum, ce que nous appelons couramment « forum rpg » ou « forum jdr » ou, que le site Infinite-rpg classe dans la catégorie « rpg textuel », y intégrant tous les jeux de rôle par réseaux sociaux, sms, messagerie instantanée… Les forums rpg sont à mi-chemin entre les jeux de rôle sur table et les livres dont vous êtes le héros.  Permettant aux gens d’interagir virtuellement les uns avec les autres par écrit, chaque membre du forum choisit un ou des personnage(s) qu’il définit lui-même (ou qu’il choisit dans une base de données) et dont il sera l’unique propriétaire. À l’image du jeu de rôle sur table, où un joueur annonce ce qu’il compte faire, le joueur sur forum décrit les actions et opinions de son personnage par écrit (via l’utilisation d’un code graphique : italique pour les actions, entre astérisque pour les pensées, guillemets pour les paroles etc.) et uniquement les siennes. Viendra, ensuite, lui répondre un second joueur qui possède un personnage différent, puis un autre et encore un autre. Chaque nouveau sujet est une nouvelle aventure et, en général, le créateur de celle-ci se positionne comme étant le maitre du jeu et oriente l’intrigue selon sa volonté, tout en laissant une certaine liberté aux joueurs.

Finalement, le PbP s’apparente beaucoup à ce que j’appellerais un « récit participatif » ou « récit à plusieurs auteurs ». C’est un peu comme si plusieurs écrivains se rassemblaient pour écrire un roman, mais que chacun n’avait le droit que d’écrire ce qui concerne un unique personnage, comme l’on ne bouge que son propre pion sur un jeu de société. Le but étant que chacun des auteurs ait un personnage au caractère et aux atouts différents.

Le PbP est très méconnu du grand public et a pourtant une immense communauté. Pendant fort longtemps, il fut la possession d’une génération d’adolescents entre 10 et 16 ans, avec des histoires assez limitées, et des forums aux designs repoussants, mais cette génération ayant grandi, on voit aujourd’hui nombre de forums rpg de qualité se développer et atteindre un niveau littéraire des plus intéressant.

Voilà ce qu’est le jeu de rôle sur internet et c’est principalement de ce dernier dont parle ce blogue. 

Dans les abysses de la « web-écriture »

Rédigé par Sim Kaali.

«  Il était une fois, dans les confins d’un monde immense et sans limite, un terrible seigneur qui régnait en maître sur l’ensemble de ses sujets. Particulièrement égocentrique et probablement en manque d’affection, il souhaitait de tout coeur que quiconque s’intéresse à lui. Alors, en tout temps et à toute occasion, il monopolisait tous les mots, toutes les paroles et tous les discours ; il s’appropriait tous les visuels et décidait ceux qui devaient être et ceux qui ne devaient pas être ; il contrôlait toutes les routes et tous les détours possibles. En sommes, il avait le pouvoir absolu. Il faut dire que ses sujets n’avaient jamais appris à parler et ne pouvaient en aucun cas exprimer leurs mécontentements ou leurs envies. 

Mais un jour, vint un seigneur d’une toute autre trempe. À l’inverse du premier, il était partisan du partage sans condition, de la liberté pour tous et de l’échange verbal. Alors, sans rien demander en retour, il apprit aux sujets à parler. Et alors, les premiers mots de ces derniers furent des louanges qui lui étaient adressées. Très vite, ce seigneur là prit la place du premier et il naquit une nouvelle ère : celle de la communauté. « 

Pardonnez-moi d’avoir usé de ce stratège oratoire vieux comme le monde, consistant à interpeler une foule en lui racontant une histoire. Vous aurez peut-être reconnu en le premier seigneur ce que l’on nomme le web 1.0 et, en toute logique, en le second le web 2.0.

Le web 1.0 est, par définition, le web dans sa première version. Le contenu était maître car il n’y avait pas vraiment d’interactivité : la plupart des sites étaient statiques, en HTML, ou bien ne souhaitaient pas donner de pouvoir à l’utilisateur. Mais les technologies se développant et les internautes s’appropriant la toile, il ne fit pas long feu car l’on comprit très vite que tout l’intérêt se jouait dans le dialogue et l’échange. Il est évident que les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, ou bien MySpace bien avant ont joué un rôle capital dans cette évolution. Ordinateur de travail, ordinateur portable, micro-ordinateur, PDA, tablette, smartphone… On ne compte plus les différents points d’accès à internet et à sa communauté.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le web 2.0 est un outil essentiel, nécessaire et inévitable dans de nombreux domaines. De nombreuses professions s’intéressent et s’interrogent sur la manière d’aborder ce médium encore jeune et l’on voit fleurir ici et là des blogues de chercheurs, d’expérimentateurs, de concepteurs, dans bien de domaines : l’éducation, la muséologie, l’entrepreneuriat, le journalisme, la photographie, la musique, l’audiovisuel…  Mais, étrangement, le domaine de l’écriture semble délaissé. Parce qu’écrire sur son ordinateur ou sur une feuille c’est toujours écrire, on pense à tort  qu’il n’y a aucun changement. Il y a pourtant un phénomène que je côtoie depuis que je suis âgé de dix ans qui me paraît avoir un intérêt extrême mais sur lequel je n’ai pu trouver que très peu de choses sérieuses : le jeu de rôle par forum.

Peut-être parce qu’il est méconnu des adultes, peut-être parce que l’on pense qu’il s’agit d’une activité de geek, peut-être parce que l’on pense que ce n’est que du jeu vidéo un peu différemment, ou pour d’autres raisons, il n’existe que très peu d’écrits sur le sujet. Or, en plus de dix ans de pratique, j’ai découvert dans ce loisir un outil d’écriture absolument extraordinaire : apprendre à écrire, à ficeler une intrigue, à créer des personnages, à prendre en compte les actions et les pensées des autres, développer son imagination, étudier le microcosme sociétal… C’est parce que j’y vois une multitude de choses défendables, pertinentes et remarquables autant d’un point de vue purement artistique que pédagogique ou social, que je décide d’y consacrer ce blogue.