Les archétypes #1 : La base

Rédigé par Sim Kaali.
 LES ARCHETYPES DE BASE
inspirés de Julie Salmon – http://www.cedricsalmon.fr/
© The Journey - Alice Popkorn - Tous droits réservés

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Il est fréquent d’attendre parler d’archétypes lorsque l’on parle de personnages, que ce soit en littérature ou pour un rpg textuel. La plupart du temps, ce terme est utilisé de manière péjorative afin de mettre en exergue des clichés, des choses attendues, un manque d’originalité. Or, les archétypes peuvent être des outils véritablement intéressants lorsqu’ils sont utilisés de la bonne manière : ils doivent être un support et non pas une fin en soi. Durant la phase de recherche autour d’un personnage, il peut être bénéfique de s’y intéresser et c’est pourquoi, je vais consacrer plusieurs articles aux archétypes, en commençant aujourd’hui par ceux que je qualifie « de base ».

TOUS LES PERSONNAGES ENTRENT AU MOINS DANS L’UN DE CES ARCHETYPES DE BASE. ENSUITE, SON CARACTERE ET SON HISTOIRE LE DIRIGE VERS DIFFERENTS TRAITS (VOIR PROCHAIN ARTICLE).

LE HEROS

Le héros défend ce qui est communément admis comme de « bonnes valeurs ». Il est désintéressé, doit être admirable, être bon, être fort, voire être beau et séduisant etc. Il est le personnage courageux qui va se mettre en danger pour sauver ses biens, ses amis, son monde.
Julie S. : « Bien évidemment, dans cette optique, toutes les caractérisations inverses à ces adjectifs pourront s’appliquer à ses antagonistes. Vous avez reconnu le portrait robot de la plupart de vos héros de film d’action, des combattants d’une cause juste mais aussi des thrillers, de ceux qui se battent pour sauver leur vie injustement menacée. N’oubliez pas que pour être attachants, vos personnages principaux ne doivent pas simplement être décrits de manière physique, mais vous devez aussi les mettre en scène grâce à des fonctions dramatiques. Plus nous saurons qui sont vos protagonistes, ce qu’ils pensent du grand sujet qu’ils défendent ou pour lequel ils se battent, plus nous nous attacherons à leurs destins et nous aurons envie de les voir triompher de leurs obstacles. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LA PLUPART DES PERSONNAGES PRINCIPAUX.

LE MENTOR

Il a pour but de guider les personnages vers la voie de la réussite. Le mentor a des connaissances, acquises grâce à son expérience passée et sert de professeur. Il aime prendre des gens sous son aile et partager tout ce qu’il sait. Le mentor est souvent sage, réfléchi et juste. Dans la Fantasy, le mentor est souvent présenté comme un individu incompris par une certaine catégorie de personnes en raison de son excentricité ou de sa solitude.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LE PERSONNAGE DE GANDALF LE BLANC. 

LE LEADER

Il doit donner envie aux gens de le suivre de par son charisme mais aussi ses valeurs sûres. Les autres personnages peuvent en tout temps compter sur lui, car c’est quelqu’un de stable qui sait où aller. Souvent, le leader le devient malgré lui et est pésenté comme quelqu’un d’originellement humble et banal, mais qui a en lui une force de bonté hors-norme. Le leader suscite de l’empathie et est important pour sa communauté ou pour les autres.
Julie S. : « Quand vous arrivez à construire une personnalité que nous avons envie de suivre, pour laquelle nous vibrons quand il lui arrive des événements, vous avez remporté la partie. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LE PERSONNAGE  DE ROBIN DES BOIS OU NARUTO. 

LE « PROBLEM SOLVER »

Julie S. : « Autre archétype américain à qui je ne trouve pas de traduction convaincante mais qui permet de fixer la confiance du public. C’est celui qui est capable de résoudre les problèmes. De nombreux grands flics sont fondés sur cet archétype. »
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE LES PERSONNAGES SURDOUES, INTELLIGENTS… 

LE COMIQUE

Il est le personnage qui apporte de la légerté et du comique de situation. Il est soit extrêmement malin et s’amuse des autres, soit tout au contraire maladroit et attire la poisse. Le comique ne peut évidemment pas être comique en permanence et a des éclairs de génie, mais il s’adonne fréquemment à quelques blagues douteuses.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE BON NOMBRE DE PERSONNAGES DE MANGAS (SHONEN). 

LE FAIRE-VALOIR

Que ce soit en bien ou en mal, le faire-valoir est là pour apporter soit de l’aide, soit des obstacles aux autres personnages. Le faire-valoir n’a, le plus souvent, aucune autre particularité que celle d’être « normal ». Tout personnage est amené à être faire-valoir à un moment ou l’autre de sa vie. Cet archétype est le plus fréquent et est plutôt éphémère.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE DRAGO MALFOY (Harry Potter), HINATA (NARUTO), LA JAMES BOND GIRL…

L’ANTI-HEROS

C’est le héros moderne que l’on retrouve dans la plupart des séries aujourd’hui. Il existe énormément de types d’anti-héros qui, parfois, s’opposent. Disons que l’anti-héros est un individu porteur de valeurs négatives qui, malgré tout, parvient à prendre la place du héros. Qu’il soit looser, méchant, grossier, égoïste et ainsi de suite, l’anti-héros ne peut être ce qu’il est uniquement si, malgré tout, il est amené à se battre pour des causes justes. Attention : l’anti-héros doit avoir un certain nombre d’attributs attachants pour être apprécié du public, sans quoi il deviendra rapidement un personnage repoussant.
C’EST L’ARCHETYPE SUR LEQUEL SE BASE PAR EXEMPLE LE PERSONNAGE DE DOCTEUR HOUSE, QUI BIEN QUE GROSSIER ET FROID SAUVE DES VIES ET EST ATTACHANT.

LE MECHANT

Inutile de présenter cet archétype, vous le connaissez tous. Avec le méchant, on change de camp et donc de manière de faire. Si l’anti-héros n’a pas vraiment de valeurs sympathique, il poursuit néanmoins une mission noble, que ce soit contre sa volonté ou non. Le méchant, lui, est clairement là pour faire opposition et être au coeur des intrigues. Il n’est ni aimé ni apprécié du public et pourtant une certaine fascination l’entour. Le méchant n’est jamais – ou très rarement – méchant par simple envie, il faut veiller à mettre en lumière ses motivations à un moment ou l’autre. Cet archétype est extrêmement plaisant à joué mais probablement le plus complexe.
C’EST L’ARCHETYPE DE TOUS LES VILAINS : SAURON, VOLDEMORT, FANTOMAS, PALPATINE, MORIARTY, LE JOKER…

Dans les abysses de la « web-écriture »

Rédigé par Sim Kaali.

«  Il était une fois, dans les confins d’un monde immense et sans limite, un terrible seigneur qui régnait en maître sur l’ensemble de ses sujets. Particulièrement égocentrique et probablement en manque d’affection, il souhaitait de tout coeur que quiconque s’intéresse à lui. Alors, en tout temps et à toute occasion, il monopolisait tous les mots, toutes les paroles et tous les discours ; il s’appropriait tous les visuels et décidait ceux qui devaient être et ceux qui ne devaient pas être ; il contrôlait toutes les routes et tous les détours possibles. En sommes, il avait le pouvoir absolu. Il faut dire que ses sujets n’avaient jamais appris à parler et ne pouvaient en aucun cas exprimer leurs mécontentements ou leurs envies. 

Mais un jour, vint un seigneur d’une toute autre trempe. À l’inverse du premier, il était partisan du partage sans condition, de la liberté pour tous et de l’échange verbal. Alors, sans rien demander en retour, il apprit aux sujets à parler. Et alors, les premiers mots de ces derniers furent des louanges qui lui étaient adressées. Très vite, ce seigneur là prit la place du premier et il naquit une nouvelle ère : celle de la communauté. « 

Pardonnez-moi d’avoir usé de ce stratège oratoire vieux comme le monde, consistant à interpeler une foule en lui racontant une histoire. Vous aurez peut-être reconnu en le premier seigneur ce que l’on nomme le web 1.0 et, en toute logique, en le second le web 2.0.

Le web 1.0 est, par définition, le web dans sa première version. Le contenu était maître car il n’y avait pas vraiment d’interactivité : la plupart des sites étaient statiques, en HTML, ou bien ne souhaitaient pas donner de pouvoir à l’utilisateur. Mais les technologies se développant et les internautes s’appropriant la toile, il ne fit pas long feu car l’on comprit très vite que tout l’intérêt se jouait dans le dialogue et l’échange. Il est évident que les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, ou bien MySpace bien avant ont joué un rôle capital dans cette évolution. Ordinateur de travail, ordinateur portable, micro-ordinateur, PDA, tablette, smartphone… On ne compte plus les différents points d’accès à internet et à sa communauté.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le web 2.0 est un outil essentiel, nécessaire et inévitable dans de nombreux domaines. De nombreuses professions s’intéressent et s’interrogent sur la manière d’aborder ce médium encore jeune et l’on voit fleurir ici et là des blogues de chercheurs, d’expérimentateurs, de concepteurs, dans bien de domaines : l’éducation, la muséologie, l’entrepreneuriat, le journalisme, la photographie, la musique, l’audiovisuel…  Mais, étrangement, le domaine de l’écriture semble délaissé. Parce qu’écrire sur son ordinateur ou sur une feuille c’est toujours écrire, on pense à tort  qu’il n’y a aucun changement. Il y a pourtant un phénomène que je côtoie depuis que je suis âgé de dix ans qui me paraît avoir un intérêt extrême mais sur lequel je n’ai pu trouver que très peu de choses sérieuses : le jeu de rôle par forum.

Peut-être parce qu’il est méconnu des adultes, peut-être parce que l’on pense qu’il s’agit d’une activité de geek, peut-être parce que l’on pense que ce n’est que du jeu vidéo un peu différemment, ou pour d’autres raisons, il n’existe que très peu d’écrits sur le sujet. Or, en plus de dix ans de pratique, j’ai découvert dans ce loisir un outil d’écriture absolument extraordinaire : apprendre à écrire, à ficeler une intrigue, à créer des personnages, à prendre en compte les actions et les pensées des autres, développer son imagination, étudier le microcosme sociétal… C’est parce que j’y vois une multitude de choses défendables, pertinentes et remarquables autant d’un point de vue purement artistique que pédagogique ou social, que je décide d’y consacrer ce blogue.